HISTORIQUE

Photo © Chung-Leng Tran
Fondée en 2004 par Benoît Preteseille et Wandrille Leroy, WARUM est une maison d’édition de bande dessinée atypique qui a volontairement choisi de s’éloigner des codes du genre pour promouvoir avec humour une bande dessinée expérimentale et novatrice, dans deux collections, Civilisation (phalange artistique) et Décadence (autodérision et histoires absurdes).
Avec 22 livres parus en quatre années, WARUM a posé son image de trublion graphique et narratif, irrévérencieux et pourtant pertinent.
Le succès des Moi Je de Aude Picault, auteur phare de la nouvelle génération, les couvertures à la forte présence graphique et le contenu exigeant des livres ont permis de mettre en lumière une jeune garde d’auteurs, édités pour la plupart pour la première fois.
Le lectorat de WARUM est curieux, pointu et éclectique : on le trouve tout autant dans les librairies spécialisées bd que les librairies généralistes, dans les musées d’art, les théâtres, les galeries branchées ou les lieux interlopes. On ne sait pas à quoi il ressemble, parce qu’il ne se ressemble pas lui-même. Et c’est bien.
Mais comme on pense aussi aux autres, WARUM ouvre en 2008 un nouveau label, VRAOUM ! qui se consacrera à une bande dessinée plus grand public, ouverte sur les nouveaux supports de publications, notamment internet (Blog, webcomics, interactivité…), afin de mettre l’exigence qui était celle de WARUM dans la conception de ses livres au service d’une bande dessinée populaire dans la lignée de Gotlib, Goscinny, Morris ou Charlier.
Moderne et populaire, Madame, ce sont les livres VRAOUM !
La première action de VRAOUM ! aura été l’organisation du concours Révélation Blog lors du festival d’Angoulême, qui a récompensé Aseyn. Il sera un des premiers auteurs publiés de ce nouveau label.
Les premiers livres sortent en juin 2008.
Le premier sera l’œuvre de Monsieur Le Chien, avec son hilarant Homme qui pleure et Walkyries, soit un manuel de drague de la femme moderne à l’usage des dieux nordiques… Tout un programme.
Le second est La Boucherie de Bastien Vives, talentueux auteur issu de l'animation, auteur de livres remarquables et remarqués.
Puis suivront à la rentrée le livre de Loïc Sécheresse et Stéphane Melchior Durand, Belzébuth & Hécate, l’adaptation du blog de Laurel, Un crayon dans le cœur ainsi qu’une flopée de projets issus de la publication internet.
Ça va être bien.
MANIFESTE
WARUM fait de la bande dessinée.
Qu’est-ce que la bande dessinée ? Pour nous, en tout cas, c’est de la narration graphique, c’est à dire une histoire racontée par l’intermédiaire du dessin, sans que le dessin soit l’illustration redondante d’un texte. A ce titre, et jusqu’à ce que notre catalogue nous contredise, nous ne faisons pas de l’illustration, ni du carnet de croquis, ni de l’essai ou de la poésie… On dit ça principalement pour décourager les projets abscons (mais sympathiques) que notre apparente pluralité semble attirer.
Si ça raconte, ça nous intéresse, sinon, ben non (WARUM oder KEIN WARUM).
WARUM ne fait pas de la BD qui se regarde le nombril.
Attention, ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas de l’autobio, hein. Ça veut dire juste qu’on en a soupé de la bd des gens qui parlent, mangent, dorment, baisent BD. Nous ne tenons pas forcément aux codes classiques de la BD (cases, bulles, chiens qui parlent), même si on est pas contre non plus, mais surtout, ce qui nous branche, c’est la bd qui regarde ailleurs : vers le théâtre ou le spectacle, vers la littérature, vers la science (eh oui, aussi), vers le reste de l’art dans son acception la plus large, et même vers des trucs plus prosaïques et moins je me la pète, s’il faut, pourquoi pas ? (WARUM NICHT)
WARUM est un collectif d’auteurs mégalos.
Pour que nous ne soyons pas tentés, a posteriori, le succès venu, de réécrire notre histoire et de nous inventer une légende, WARUM pose ici un texte fondateur d'une grande lucidité.
WARUM regroupe des auteurs que personne ne veut éditer parce que :
1.ou bien ils n'ont pas encore assez de talent (possibilité A).
2.ou bien ils font des trucs qui ne ressemblent à rien de ce qui se fait dans la bd actuelle, et même les plus indépendants des indépendants préfèrent pas trop se lancer là-dedans (cohérence éditoriale oblige, pas la place, et puis bon, on sait pas si ça va se vendre)(certitude B).
Bref, nous n’avons pas la prétention d’être une avant-garde, d’abord parce que ça suppose une arrière-garde méprisable, et nous, on n'est pas (encore) dans cette logique là, nous faisons nos trucs dans notre coin, et, à notre stade, ce serait du dernier ridicule de donner des leçons aux autres. D’autre part, on sait très bien qu’une avant-garde, ça finit toujours par s’épuiser, et nous avons des ambitions millénaristes.
Nous précisons que comme tout manifeste, nous envisageons secrètement d’y faire plein d’entorses, ce que nous nierons avec la dernière mauvaise foi si, le moment venu, de jeunes peigne-culs ou de vieux aigris veulent nous mettre le nez dans notre caca.
Merci.
Wandrille pour WARUM